Fabrice et Terra Andina (Bolivie)

« Si tu fais de la moutarde, fais en de la bonne ! »

Récit de notre entretien avec Fabrice Pawlak, fondateur de Terra Group, La Paz, Bolivie, le 17/08/09.

http://www.turismo-america-latina.com/

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Son parcours.

Pourtant originaire d’une très belle région (la Lorraine), Fabrice ne va pourtant pas en profiter beaucoup…C’est que très jeune il a déjà le goût de l’aventure : en parallèle de ses études d’ingénieur géo-physicien, il organise et participe chaque année à des expéditions sportives insolites à l’étranger. Il garde aussi un très bon souvenir de son passage dans le sport de haut niveau (semi-professionnel en handball), et reste convaincu qu’ « une équipe est toujours plus forte qu’un homme ».

Sa formation terminée, il part en coopération (nous sommes alors en 1994) en Bolivie pour le compte du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique). Il finit son service civil par 6 mois de voyage à travers l’Amérique et l’Afrique.

De retour au bercail, il décroche un poste chez Schlumberger qui l’envoie aux 4 coins du monde en tant qu’explorateur dans le domaine pétrolier. Cela dure pendant 2 ans et demi, mais Fabrice se lasse vite de cette vie « d’esclave de luxe », il veut toujours plus d’aventure…« Au final, ton salaire c’est 1/3 l’argent, 1/3 l’intérêt dans ton travail, et 1/3 la qualité de vie en dehors du travail. J’étais donc mal payé.” explique-t-il. Il démissionne donc en 1998 pour changer complètement de cap et fonder une « boite de voyage d’aventures en Bolivie, pays synonyme d’imprévus ». Il débarque donc à la Paz avec plein d’idées, son sac à dos, partage les risques avec un ami (son associé Pierre Boyer) et un capital de départ de 20K dollars.Au début de sa nouvelle activité, l’ex-ingénieur de chez Schlumberger cumule un tas de fonction : guide, chauffeur, cuistot, mécanicien…C’est, comme il le cherchait, « l’aventure totale ! ». En 2001, la situation politique tendue en Bolivie l’incite à exporter son business au Pérou et c’est son premier associé qui s’y colle. Le voyage combiné entre plusieurs pays, voir le continent comme des ensembles géographiques (l’altiplano, l’amazonie) plus que par ses frontières, c’est comme conjuguer l’orthographe bâtis par les premières agences des années 70. Depuis, tel un joueur de Risk, Fabrice et ses associés sont partis à la conquête d’une grande partie d’Amérique du Sud. Aujourd’hui, Terra Andina, le groupe qu’il a créé, est présent dans 8 pays (Bolivie, Pérou, Brésil, Chili, Argentine, Mexique, Panama, Costa Rica ) à travers 7 sociétés. Mais ce n’est pas tout ! Fabrice, toujours avec ses associés, s’est lancé dans d’autres projets tous différents des uns des autres : il travaille sur un ambitieux projet de web 2.0 (Terra Soft, projet qui devrait apporter des solutions au tourisme en ligne) ; il fait aussi ses débuts dans la production audio-visuelle de documentaires, et il est associé d’un restaurant à Uyuni, un bar improbable au bord du désert de sel ou l’on peut trouver du ricard !

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Terra Andina, une gestion « socialiste » ou tout le monde peut devenir associé.

Une des particularités que Fabrice a mis en place au sein de Terra Group réside dans l’implication que les salariés peuvent jouer pour l’avenir du groupe. C’est à dire que chaque nouvel employé en phase avec les valeurs de l’entreprise (« les qualités techniques s’acquièrent alors que les hommes sont » ) peut prétendre à une place d’associé après avoir géré avec succès une antenne du groupe, en acquérant à moitié prix des parts de la société dont il a la responsabilité (2%/an). C’est une sorte de partage du gâteau avec ses collaborateurs. Ce système insolite a fait ses preuves (il y a 8 associés chez Terra Andina aujourd’hui) et assure le dynamique développement du groupe pour les années à venir (« quelqu’un qui rentre dans la société à tout intérêt à rester »).

Fabrice, tel un capitaine de navire, donne un cap global à suivre pour la stratégie des sociétés qu’il partage avec ses associés. Il a une vision sur le long terme. En revanche, ça ne l’empêche pas d’avoir toujours de nouvelles idées (pour preuve son nouveau métier-passion de reporter audio-visuel !), et il aimerait pouvoir bientôt laisser les rênes de ses sociétés à l’un de ses associés pour pouvoir se consacrer à des projets plus personnels.

 

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Amérique du Sud : « rien n’est sur (jamais), tout est possible (toujours) ! »

Fabrice estime qu’il existe encore plein d’opportunités entrepreneuriales en Amérique du Sud. C’est un continent extrêmement riche en matières premières, mais qui manque de compétences. C’est un endroit rêvé pour un entrepreneur aventurier qui n’aime pas les règles. « C’est pas simple mais tout est possible ! »

Et en ce qui concerne la Bolivie en particulier, Fabrice explique que « c’est une sorte de jungle ». MAIS pour rassurer les plus sceptiques, il faut savoir que vivre aujourd’hui en Bolivie est bien différent que d’y vivre il y a 10 ans, on trouve de tout, et on ne risque pas grand chose.

Et la France dans tout ca ?

Fabrice aime son pays d’origine. « Vivre en France est un privilège »explique-t-il. Mais il pense que notre pays vit au dessus de ses moyens actuellement, qu’il est temps de « se bouger les fesses ! » sinon nous perdrons notre système équilibré. Il faut investir dans l’avenir, dans la recherche, l’innovation et pousser la meritocratie. Il regrette aussi notre environnement trop réglementé peu favorable à la prise de risque.

Malheureusement, l’aventure semble hors de France pour l’instant ».

Ses conseils pour entreprendre :

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Sénèque

- il ne faut pas se laisser convaincre par les aigris.

-entreprendre, ce n’est pas si difficile, et même « rien n’est impossible ! »

-bien choisir ses collaborateurs, ses associés

- il est important de connaitre les valeurs de son entreprise, bien savoir pourquoi on veut faire et comment on souhaite le faire.

- L’argent est donc la conséquence d’un succès mais ne doit pas en être une finalité.

-Et : “Si tu fais de la moutarde, fais en de la bonne!”

©Roulez Jeunesse août 2008

 

3 réponses à “Fabrice et Terra Andina (Bolivie)”

  1. 13 08 2009
    Guichard (10:47:04) :

    Bonjour,

    Suis une amie de Véro Valdenaire , c’est elle qui m’a envoyé votre site
    juste pour vous dire que je trouve votre parcours génial .

    je vous souhaite de continuer et de terminer comme vous avez commencé.

    Amicalement .
    Séverine G.

  2. 6 01 2011
    anne (16:48:07) :

    bonjour,

    je suis porteuse de projet pour créer une agence de tourisme solidaire en Bolivie (pour commencer) et j’ai beaucoup de doutes, mais en lisant votre parcours, cela m’a renforcé dans mon optique que rien n’est impossible quand on s’en donne les moyens !
    Bravo, et j’espere un jour reussir comme vous avez reussi !

    Amicalement,
    Anne

  3. 20 12 2014
    Johnd490 (13:45:45) :

    Definitely, what a fantastic website and informative posts, I definitely will bookmark your blog.All the Best! gfkcgededdcd

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