Frederic et Le Pavillon d’Indochine (Cambodge)

Photographie d’un entrepreneur 

Le parcours de Fréderic Amat, aujourd’hui créateur de Guest house / restaurant et directeur de rédaction de Cambodge Soir Hebdo, est plus que saisissant. Ses affaires représentent un chiffre d’affaire de 600 000 dollars et même si son business tourne bien, ce sont bien ses idées et son histoire qui nous ont passionnés…

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Son parcours 

Né en 1968, du côté de Narbonne, Fréderic a un rêve : continuer sur les traces de Starsky et Hutch et devenir lui aussi policier. Fred fait ses gammes en Fac de droit à Montpellier, mais son rêve prend fin suite à un tragique accident qui le marquera à  vie. « Ma vision du monde et de la vie a complètement changé depuis cet accident ; la vie ne tient qu’à un fil. »  Après ces études, il a l’envie de découvrir le monde, l’étranger, … Après avoir enchaîné différents petits boulots et acheté son billet d’avion, Fred part une année en Australie et à Singapour pour se transformer en grand reporter. Après son accident qui l’éloigne d’une carrière dans la police, Frédéric s’est trouvé un nouveau défi : « Avec les mots, tu peux faire autant voire plus qu’avec un flingue. »  Il apprend énormément pendant son voyage journalistique. Il réalise une dizaine de reportages passionnants sur les derniers Cow-boy australiens, sur l’histoire d’un prince mystérieux, … De retour à Paris, le virus de l’Asie en poche, il se rend compte que le journalisme, ça s’apprend. C’est ce qu’une petite agence de presse lui explique : « Tu es jeune, passionné, tu es curieux, ton voyage et tes sujets sont terribles, mais en photo tu es nul ! »

De retour à Montpellier pour terminer ses études de droit, Frédéric prépare tous les concours possible de journalisme pour finalement, n’en réussir aucun. Néanmoins, après persévérance, Fred réussit à intégrer provisoirement le quotidien régional « Midi Libre » et prend quelques photos pour des matchs de rugby du dimanche. Sérieux, jeune et disponible, Frédéric devient photographe / rédacteur pour combler les trous du journal. Ses articles, dotés d’une touche d’humour, plaisent et il devient alors responsable des « pages vacances ». Même si Frédéric rappelle qu’il faisait tout ça pour apprendre, il était alors le roi du monde.

Petit à petit, il participe au grand festival de la photo à Perpignan : « Visa pour l’image. » C’est là qu’il a la chance de rencontrer le grand photographe Philippe Lorainson qui accepte de lui livrer ses secrets sur la photo de presse pendant les WE.

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En 1994, Fred démissionne pour rejoindre un ami à Hanoi (Vietnam). La vie d’expatrié n’a rien à voir avec celle en France. Son choix est fait, il vivra à l’étranger. Certes, le Vietnam était encore un pays communiste où la surveillance était souvent oppressante ; mais la qualité de vie dont profitent alors les expatriés remporte la partie. Professeur de français et embauché par l’AFP (Agence France Presse), Fred attend son heure… Et en 1995, l’heure sonne! Il part pour le Cambodge où la guérilla Khmer rouge fait rage. Il devient alors reporter de guerre. Embauché par l’AFP, ses textes et ses photos seront publiés dans VSD, Paris Match et autres journaux dans le monde entier. Il collabore également au journal francophone Cambodge Soir. Fred est tout simplement shooté à l’adrénaline. Des images choquantes et affreuses en poche (qui deviendrons mondialement connues), Frédéric se devait de vivre uniquement le moment présent « Je me sentais complètement dans un film, c’était un peu ma guerre du Vietnam : hélico, gilet pare-balles, … » Fred a du mettre de côté sa conscience, son futur, voire même son cœur pendant deux ans pour devenir témoin de l’histoire du Cambodge. « En 1997, des gens mourraient dans mes bras, les vieux étaient en 1ère ligne pour défricher le terrain de mines, je prenais en photo des attentats à la grenade, mes collègues mourraient, … J’étais complètement shooté » nous confie Frédéric. En 1998, il est blessé pendant une manifestation. C’était le moment d’arrêter. Frédéric s’est mis à écrire et devient l’auteur du roman aventure « un crapaud d’un Mékong » et du livre « témoin sans importance » pendant lequel il raconte les 3 années les plus marquantes de sa vie.

L’expérience de Frédéric au Cambodge ne peut pas le rendre imperméable aux conditions de vie des habitants du pays. Il a ainsi voulu rencontrer les populations locales dont 80% vivent avec moins d’un dollar par jour. Frédéric veut être capitaliste tout en vivant pour le socialisme. A 30 ans, il considère qu’il faut changer de vie. « De 20 à 30 ans, tu t’éclates, tu fais un tour du monde à vélo, tu es journaliste à risque, … Et à 30 ans, tu commences à construire, à faire de l’argent. » Seulement, écrire des livres et être professeur d’Anglais à ses heures perdues ne pousse pas Frédéric. C’est la déprime. Après ce choc de 3 ans, il a besoin d’un projet fort ! Il se rappelle alors de cette phrase d’un poème de Rudyard Kipling que lui lisait son grand-père: « Si tu peux voir détruit l’œuvre de ta vie et sans un mot la reconstruire, alors tu seras un homme mon fils. » Marié avec une Cambodgienne, Fred part visiter en famille Siam Reap. L’ordre rétabli au Cambodge, le gouvernement ouvre ses frontières avec la Thaïlande et les touristes débarquent pour visiter les temples d’Angkor.

En 1999, un ami de Fred lance l’idée de créer le 1er guide gratuit financé par la publicité sur la région de Siam Reap. En janvier 2000, la première parution cartonne. Associé avec Frédéric Rieu, les deux Fred de Siam Reap vont lancer leurs affaires ensemble, comme deux frères. Tea, un Cambodgien soumet aux Fred de créer une Guest House. Plutôt que de l’employer, les Fred lui proposent de s’associer à 33%. Le mélange French Touch et Local Cambodge fait fureur. Ils enchaînent et investissent dans un restaurant en bois « le café d’Indochine ». En 2002, Frédéric aide Jean Jacques Annaud pour la réalisation du film « Les deux frères ».

Malheureusement, la crise du SRAS fait ravage dans le tourisme et la concurrence grandit. Les affaires tiennent le coup grâce aux expatriés qui voyagent en Asie. En 2004, le petit Pavillon Indochine démarré en 1999 dans une maison en bois s’agrandit et devient un complexe de 24 chambres avec piscine. Les deux Fred viennent encore de s’étendre avec la création d’un nouvel établissement hôtelier, de 18 chambres, le Pavillon d’Orient, situé à l’écart de la ville.
Aujourd’hui, Fred emploie 80 personnes et ses affaires représentent un CA de 600 000 dollars annuel avec un investissement de départ de 4000 dollars. Pourtant, Frédéric n’a pas pour autant délaissé sa passion, la plume. Il a repris la direction de la rédaction de l’hebdomadaire Cambodge Soir.

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Créer sa boite au Cambodge. 

L’investissement de départ n’est pas important. Au Cambodge, le gouvernement taxe là ou il y a de l’argent qu’il soit étranger ou Cambodgien. Les modalités ne sont pas trop compliquées… Le seul bémol ? On n’a pas le droit d’être propriétaire du sol.

Et la France dans tout ça ? 

Fred est convaincu qu’il n’aurait jamais pu créer en France ce qu’il a fait au Cambodge. « Au Cambodge, on n’est pas jugé, la confiance règne et la population est toujours heureuse. En France, si tu entreprends, tu es méchant ! »

« La France est vieille, c’est la vieille Europe. Sarkozy est le parcours d’un homme, il ne pourra pas changer la France… par contre les Français ? »

Frédéric considère que la France aide trop les étrangers en France et pas assez les français de l’étranger qui participent au rayonnement de la France dans le monde. 

Un mot sur la french touch ? 

« La French touch marche car les français sont de loin les clients les plus difficiles. Du coup, on place la barre haute, très haute… Alors les étrangers aiment ça… »

Un dernier message ? 

Frédéric explique que la chance, ça s’attrape : « La chance, c’est comme des petites lucioles qui tournent autour de toi. Il te suffit de l’attraper pour t’envoler avec. Alors oui ! La chance ça se provoque… Votre tour du monde à vélo, vous l’avez bien provoqué, non ? » Le message de Frédéric est clair envers les jeunes : « N’attendez pas de voir ce que l’avenir fera de vous ! Construisez-le, votre avenir ! » Un seul conseil pour Fred : parler Anglais, car si tu réussis pas en France, il te reste le monde…

Frédéric, pour conclure, recommande l’Asie : « Il y a un temps pour tout : l’Egypte, les Romains, les pays d’Europe, les Etats-Unis, … Aujourd’hui, c’est l’Asie à 100%. Ça crève les yeux. »

©Roulez Jeunesse, mars 2008

18 réponses à “Frederic et Le Pavillon d’Indochine (Cambodge)”

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  1. 8 11 2008
    METIVIER (21:54:39) :

    Frédéric Salut,

    Génial ton parcours au Cambodge et chez Cambodge Soir. Tu as oublié des épisodes impoortants. Notamment celui où tu as sauvé des flammes Eric Rouleau qui avait décidé de se faire un pétard avec la première édition de Cambodge Soir Quotidien.

    Laisse moi ton tel. Je t’envoie via Dung des clients pour ton Resort.

    A plus.

    Eric Métivier

  2. 19 12 2008
    LIM Moulee (15:15:56) :

    Bonjour,

    Votre parcours est super !! Bravo !!!
    Je suis en train de réfléchir sur l’éventualité de créer un projet au Cambodge, pays natale de mon père, réfugié en France en 1975 !!!!
    Si vous le voulez bien, j’aimerais volontier recevoir des conseils de votre part !!!
    D’avance, merci pour votre retour…
    Cordialement,
    P. Delphine

  3. 11 02 2009
    danielle rangoni (16:52:44) :

    bon je ne connaiaais que peu ton parcours mais on se voit samedi le 14 fevrier non ? avec pascale … a plus – danielle -

  4. 10 10 2009
    Ben d'Artisanat Cambodge (09:27:30) :

    Beau parcours au Cambodge!
    Et je suis tout à fait convaincu de son opinion sur la France qui vieillit, la France sur le déclin..

  5. 31 10 2009
    Daniel RAHIER (10:21:27) :

    salut Fred nous avons passer un très beau et bon séjour au CAMBODGE et surtout à SIEM REAP à au pavillon indochine en avril 2007 nous avons de très bon souvenir de l’acceuil que tu nous avait fait les discutions que nous avions sur tout les sujets lesplans de voyages et les contacts sur le CAMBODGE
    ton équipe était super attentionné pour satisfaire les hotes de ton hotel
    nous lisons tes rubriques avec plaisir et interrets et nous n’avons qu’une hate c’est de retourner au CAMBODGE
    Amitiés
    Daniel et Christine

  6. 28 01 2010
    Noémie (14:38:59) :

    hm… à te lire, mon envie grandie…!!
    Je suis preneuse de toute information pour la création d’une petite entreprise au Cambodge ! Contact, histoire, lien internet, adresses en France, au Cambodge, etc

    Noémie

  7. 15 03 2010
    guédon nathalie (20:37:57) :

    mon frère est au cambodge et nous souhaitons créer un bar restaurant sur un plage au cambodge. nous avons déjà repérer le terrain.
    Comment verrouiller les choses pour être sûrs de pouvoir développer une affaire sans problème sur un terrain qui ne nous appartiendra jamais.
    Quels sont les pièges à éviter en créant une société au cambodge, merci de donner les points positifs et négatifs.

    Nathalie Guédon

  8. 19 04 2010
    Jean Michel DUTHEUIL (16:30:30) :

    Bonjour,

    Français, nous vivons en Egypte depuis 2002 et nous comptons changer définitivement pour le Cambodge (Siam Reap) en Juillet 2010. Nous rentrons d’un mois sur place (entre Cambodge et Thaïlande), mais très difficile d’obtenir les « bonnes » infos pour créer une Société et au niveau des visas !!!
    Les multiples recherches Internet ne nous apporte pas beaucoup de réponses, ou malheureusement jamais les mêmes…
    S’il existe un site ou endroit ou nous pourrions avoir des infos fiables, ce serait d’un aide majeur…..
    Bien Amicalement,
    Jean Michel & Eva

  9. 25 05 2010
    mémoire (11:34:09) :

    tu a oublié un autre épisose….celui d’ankor village où tu as fait mettre le feu

  10. 22 11 2010
    Pascale Bouvet (12:13:19) :

    Bonjour Frédéric,
    Je viens de lire ton histoire en faisant des recherches pour savoir comment créer sa société au Cambodge et je suis émerveillée par ton parcours ….. Bravo. Je suis prête à créer ma société de voyage par internet et je souhaiterai m’implanter au Cambodge, mais comment faire ????? J’ai beau tourner en rond sur internet, aucun renseignement concret. Si tu peux me donner des adresses ou des sites pour connaitre les démarches à suivre, les conditions etc……. ce serait super sympa. J’ai choisi le Cambodge car j’adore ce pays et la population, ma maman est née juste à la frontière Vietnam – Cambodge proche de Kep et je parraine deux adolescentes orphelines à Kampot. A chaque fois que je fais le voyage, j’ai l’impression de rentrer chez moi….. sensation étrange. D’ailleurs je serai à Kampot du 11 au 22 Décembre 2010. Je te remercie d’avance pour toutes les informations que tu pourrais me donner.
    A bientôt. Pascale

  11. 7 01 2011
    Christophe (16:22:32) :

    Salut Fred, pour ta prochaine photo en jeep, je te prête la mienne, tu la connais déjà!
    Sinon belle histoire. A+

  12. 7 01 2013
    nath (17:33:05) :

    Bah c’est dingue ce qu’internet permet … ravie de te voir Fred ….. je mentirais si je disais que tu n’as pas changé !!! Mais ça fait longtemps !
    Si tu as ce message, fais moi un petit signe … MERCI
    Nath

  13. 10 07 2013
    TutoBourse (16:04:34) :

    Beaucoup trop court, merci beaucoup pour ce regale passe a vous lire.

  14. 19 08 2013
    Philippe Laurenson (14:06:58) :

    Salut Fred

    Merci pour le grand photographe ….

  15. 2 10 2013
    parquet bambou pas cher (13:08:22) :

    Incredible story there. What happened after?
    Good luck!

    My web-site parquet bambou pas cher

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