Quentin et D’accueil (FRANCE)


Des cours à la pratique

Rencontre le 06/10/08 avec notre deuxième entrepreneur français en France, Quentin Mallassinet, 35 ans, créateur de D’accueil groupe, Angers, services de distribution automatique, et ancien ESSCA (promo 1996).

 

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Son parcours.

Quentin atterrit à l’ESSCA un « peu par hasard » en 1992, en partie car l’ambiance « fun » qui y règne lui correspond. Il ne se pose pas trop de question à l’époque, avance tranquillement dans sa formation qu’il complète avec des expériences associatives « très enrichissantes ». Au moment de choisir sa spécialité à la fin de ses études, et après un léger échec sur la voie de la recherche appliquée, il opte pour l’alternance où il effectue une première mission de 6 mois chez Philips en tant que commercial. Des « projets » commencent alors à germer dans la tête de Quentin, qui se verrait bien créer sa boite un jour, et pourquoi pas avec Jérôme, un pote d’école. Puis c’est au tour de Kraft d’accueillir Quentin pour un autre stage de 6 mois, au sein de « la troisième roue du carrosse » comme l’explique Quentin, c’est-à-dire dans la partie distribution automatique qui ne représente qu’une infime partie du CA de la société…

Quentin découvre alors un marché hyper atomisé, avec une multitude d’intervenants locaux. Il rencontre beaucoup de personnes du milieu, apprend à saisir les enjeux de la distribution automatique, et il se rend compte qu’ « il y a quelque chose à faire » pour apporter plus de qualité aux services proposés au consommateur final. Mais c’est déjà la fin de sa mission, et ses obligations civiles de l’époque (nous sommes en 1996 et le service militaire existe toujours) l’obligent à remettre à plus tard son projet qui prend de plus en plus forme (malgré le fait que celui-ci ne soit pas considéré comme « viable » par ses professeurs de l’époque). Son expérience militaire (à St Cyr puis à Pau ) lui apporte beaucoup dans la mesure où il reçoit une formation exceptionnelle dans le management des hommes, et il prend alors conscience des responsabilités d’un chef d’entreprise («comme dans l’armée où un officier a la responsabilité de ses hommes, un chef d’entreprise a la même vis-à-vis de ses salariés »). Il continue en parallèle de travailler sur son projet de création, aidé par Jérôme qui a repris sa mission au sein de Kraft et qui trouve aussi le concept très prometteur. Il reprend ses cours de l’ESSCA et, partant du principe qu’« une machine, c’est un magasin », décline les fameux « 4P » du marketing à son concept de distribution automatique…

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D’accueil, un groupe est né !

En 1997, Quentin et Jérome se lancent. Avec 50 000 F de capital de départ (7 500 €), ils créent (seuls, mais après avoir glanés quelques conseils auprès de chefs d’entreprises) le groupe D’Accueil. Le processus de création d’entreprise est relativement facile « ce n’est plus le labyrinthe d’il y a 10-15 ans, tout est bien organisé ».

Aujourd’hui, D’accueil emploie 19 salariés et réaliste un CA de plus de 2 millions d’euros.

Le groupe continue de grossir petit à petit, notamment par le rachat de 2 concurrents directs à Angers et à Nantes. Et le concept fait des petits, puisque D’accueil exporte maintenant son savoir faire à Tours et même à Lyon, grâce à la collaboration du frère de Quentin et du beau frère de Jérôme qui ont rejoint le groupe. Et d’autres projets sont en cours…

 

Entreprendre, oui, mais…

 

Pour aboutir au succès qui fait D’accueil aujourd’hui, Quentin a dû concéder quelques sacrifices. Les débuts ont été difficiles, avec énormément de travail pour que la machine décolle, et « manger des pâtes alors que les potes s’éclatent en boite » n’est pas toujours facile… Entreprendre nécessite énormément de temps, et le domaine affectif n’est pas simple à gérer non plus. Malgré cela, Quentin tire aujourd’hui une énorme satisfaction de son aventure entrepreneuriale. Pourquoi ? Parce que son investissement donne du travail à 20 personnes, et parce que sa création obtient petit à petit la reconnaissance du milieu.

Et depuis 2/3 ans, Quentin peut lever le pied progressivement : « il faut savoir mesurer son investissement personnel ; l’équilibre investissement perso/résultat économique doit être raisonnable ». Et pour quelle finalité ?

« Pour pouvoir prendre un peu de temps pour des projets perso un peu plus tard… »

 

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Entreprendre en France

 

Quentin regrette le problème de mentalité qui existe en France selon lequel il existerait toujours des relations conflictuelles entre le patronat et les salariés « c’est une aberration, il faut retrouver la confiance mutuelle », explique-t-il. Pareil pour ce « sentiment de culpabilité à la française » comme quoi créer une société c’est créer de la richesse et qu’il faut s’en cacher…Enfin, il estime qu’on ne pousse pas les gens à travailler dans notre pays.

 

N’ayez pas peur !

Malgré ce que l’on entend aujourd’hui (parait il que c’est la crise…), Quentin est convaincu qu’il existe encore de nombreuses choses à faire dans les services en France (« être à l’écoute des gens, rapporter quelque chose aux autres »), et même si ça se fait avec des hommes et donc ça coûte cher, il y a toujours des solutions. Le rachat d’entreprise lui semble aussi être un créneau intéressant.

 

Des qualités essentielles pour entreprendre ?

 

Ø Beaucoup de rêve

Ø Du bon sens

Ø De la ténacité

Ø Saisir les opportunités

Ø S’entourer de bonnes personnes

 

Et « ne pas avoir peur », il ne faut pas attaquer les choses en flippant…Inutile aussi d’écouter les oiseaux de mauvaise augure.

 

Et à Quentin de conclure magnifiquement : « en sortant de l’école (l’ESSCA !), on est armé pour monter un truc ! ». La preuve…

 

Copyright Roulez Jeunesse, octobre 2008.

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