Yan et Sanuk Software (THAÏLANDE)

Dernier entrepreneur rencontré à Bangkok, Yan Marchal, 35 ans, nous fait part de son aventure de jeune créateur d’entreprise dans le monde des jeux vidéo. Récit d’une rencontre réelle dans un univers virtuel.

 

Fiche d’identité de l’entrepreneur


Fiche d’identité de l’entreprise

Prénom : Yan

Nom: Marchal

Age : 35 ans

 

 

 


Dénomination : Sanuk Software

Secteur d’activité : jeux video

Date de création : 2003

CA  : 200 000 EUR

Nombre d’employés : 18

Adresse Internet : www.sanuk.biz

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 Son parcours. 

 

Yan est originaire de Valence. Après avoir effectué une prépa scientifique, il intègre une école d’ingénieur universitaire à Paris. Son diplôme ainsi que sa passion et ses compétences pour le développement des programmes informatiques lui permettent d’intégrer un grand nom du jeu vidéo en France, Ubisoft, où il démarre en tant que programmeur. Yan se débrouille bien et évolue vite au sein du géant français des jeux vidéo, jusqu’au jour où une mésentente avec sa hiérarchie lui assombrisse l’horizon. Au bout de 8 ans chez Ubisoft, Yan profite d’une restructuration sociale de l’entreprise pour quitter le navire et se lancer dans le grand bain de la création d’entreprise. Il fait quelques tentatives en France en présentant des projets de développement de logiciel auprès de l’Anvar, mais ceux-ci ne sont pas retenus. Tant pis (ou peut être tant mieux !), Yan décide de tenter sa chance à l’étranger, et c’est
la Thaïlande qui est retenue après analyse de quelques études qui lui font penser que c’est un pays réceptif dans ce domaine.

 

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 Des débuts laborieux…et 2006, année charnière. 

 

L’idée initiale de Yan était de créer une société d’ « outsourcing », c’est-à-dire qu’il souhaitait uniquement se consacrer à la sous-traitance de certaines parties de jeux vidéo réalisés par des grands éditeurs. Son départ d’Ubisoft avait notamment été négocié dans cette optique. Cependant, ce business modèle montra vite ses limites de par sa trop grande dépendance aux commandes des clients, et Yan nous avoue que Sanuk Software prenait à l’époque « un peu tout et n’importe quoi », ce qui lui posa vite quelques sérieux problèmes quant à l’avenir de sa jeune société. Fin 2006 donc, il décide de ré-orienter son business plan en se focalisant uniquement sur le développement des jeux vidéo pour la marque Nintendo (produits Wii et Ds), et sa société commence alors à retrouver le chemin de l’équilibre. Aujourd’hui, Sanuk software emploie 18 personnes et génère un chiffre d’affaire d’environ 200 000€ (2007). Son activité dans le développement de jeux vidéo est généré soit directement en interne (pure création) soit par l’intermédiaire d’une commande d’un éditeur. Sanuk Software ne possède pas encore de ligne éditoriale très claire actuellement et propose des jeux vidéo de tout genre, du jeux d’arcade « old school » – Barnyard Blast est leur dernière création par exemple- aux mots croisés sur DS, en passant par un jeux de tennis sur Wii…

 

Créer sa société en Thailande. 

 

Grâce à l’aide d’un prestataire spécialisé dans le domaine, la naissance de Sanuk Software n’a pas posé de problèmes. Le plus difficile pour Yan a été de recruter et d’attirer ses premiers collaborateurs, sa société ne bénéficiant pas (encore ?:) de la renommée de grands groupes comme EA Games par exemple (leader mondial du jeux vidéo). D’autre part, il y a dans le domaine de la programmation informatique une telle demande de main d’œuvre qu’il faut savoir séduire les personnes qualifiées. Il lui a donc fallu aller chercher les jeunes talents à leur source, c’est-à-dire dans les classes des universités thaïlandaises !

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Sa vision sur ce pays. 

Yan garde un regard positif sur le pays ; il estime que c’est un pays qui va « vers le haut , même si le parcours est parfois un peu chaotique ». Il regrette la corruption qui est encore monnaie courante dans certains domaines (l’importation de certains matériaux hardware nécessaires à son entreprise sont ainsi parfois soumis à des droits de douane étrangement élevés…), mais apprécie néanmoins la qualité de vie qui y règne de manière générale.

 

Et
la France dans tout ça ? 

Yan garde des liens avec son pays natal par l’intermédiaire de sa famille et de ses amis.

Comme beaucoup de français ici, notre gastronomie lui manque, ainsi que la diversité culturelle  qui fait l’une des forces de notre pays (au cinéma par exemple, la programmation en Thaïlande est très limitée à son grand regret). Il estime que
la France va bien, et que le système de solidarité sur lequel est basé notre pays est une chance qu’on oublie trop souvent (il n’existe rien de semblable ici en Thaïlande).En revanche, le caractère « râleur » des français ne lui manque guère. Et il prévient : « A force d’en vouloir toujours plus, on tue la poule aux œufs d’or ! »

 

Bilan. 

Aujourd’hui, Yan tire un bilan très positif sur son jeune parcours d’entrepreneur. Il a le goût pour les challenges, il apprécie particulièrement le fait d’avoir plus de prérogatives que quand il était salarié et sa nouvelle vie d’entrepreneur lui a permit d’acquérir une ouverture d’esprit et une vision sur son métier beaucoup plus large qu’auparavant. Son principal regret est justement de ne pas s’être jeter à l’eau plus vite (même s’il estime nécessaire le passage quelques années dans une grande structure pour développer des compétences dans un domaine). Il regrette aussi de n’avoir pas pu ré-orienter sa société plus tôt lorsque celle-ci a rencontré des problèmes –difficile d’être visionnaire !-. Enfin, entreprendre rime avec sacrifice, on ne gagne pas forcément plus qu’en étant salarié !

 

Les conseils de Yan pour entreprendre. 

Il faut avant tout « être bosseur ». La charge de travail est très lourde (et parfois trop lorsque l’organisation n’est pas au rendez vous !).

Les qualités humaines sont aussi primordiales pour un entrepreneur. Il faut savoir convaincre, ce qui n’est pas forcément une chose facile lorsqu’on est un petit nouveau dans un secteur régit par de grosses sociétés. Les sautes d’humeurs ne sont aussi pas les bienvenues lorsqu’on devient manager !

Et une fois les compétences acquises (c’est là qu’une période en tant que salarié peut être bénéfique), il faut se lancer !

D’ailleurs, Yan nous explique : « En France, le salarié est bien protégé et jouit d’une certaine sécurité, il est donc bien dans ce statut et peu enclin à entreprendre. En Thaïlande, c’est l’inverse. La situation salariale est peu enviable, elle apporte peu de sécurité et donc tout le monde rêve de créer son entreprise ! ». Intéressant.

Vous souhaitez en savoir plus Yan et Sanuk Software? Rejoignez donc son équipe le temps d’un stage pour y découvrir les ficelles du métier (graphiste/programmeur), ça en vaut la peine !

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©Roulez Jeunesse 2008.

 

 

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